Dommage liquide MacBook Pro

Les dommages causés par un liquide versé sur un Mac peuvent rapidement être graves, même lorsque la quantité de liquide est minime. Nous vous conseillons de lire cet article en entier et posément avant toute action. Procéder de façon calme et méthodique est essentiel dans les premières heures.
Méfiez-vous des conseils vous disant de simplement le laisser sécher, ou le mettre dans du riz. Cette technique est suffisante pour retirer le reste de l’humidité, mais la corrosion pourrait poursuivre son office, et les symptômes se manifesteraient alors plus tard…

Les meilleurs conseils restent d’ouvrir son Mac, de débrancher la batterie le plus vite possible. D’extraire la carte mère et la ou les carte filles, et de nettoyer le tout à l’alcool IPA (Isopropylique).

Ce tutoriel vous explique dans le détail comment procéder, et comment aller plus loin, si vous êtes un peu plus bricoleur-électronique que la moyenne.

Nous vous conseillons de lire cet article en entier et posément avant toute action.

On présume que si vous êtes en train de lire ce tutoriel, c’est parce que le mal est fait. Vous avez renversé du liquide sur votre Mac. Vous avez peut-être déjà fait un aller-retour à l’Apple-Store pour vous voir proposez un devis de remplacement de carte-mère (et de batterie, en bonus), sans plus d’inspection de votre machine… Vous en êtes ressorti déçu ou énervé, et cherchez donc une option un peu moins cher, un peu plus écologique, ou un peu moins « bazooka pour tuer une mouche ».

Même si, par la suite, votre Mac à le temps de sécher, l’oxydation créée ne s’arrête pas pour autant.

La corrosion en électronique: Un peu de théorie pour concrétiser (ou dissiper) vos craintes

Une fois que le liquide s’introduit dans votre Mac, il y a des grandes chances qu’il soit projeté par le ventilateur en mouvement. De fines gouttelettes seront donc disséminées sur la carte mère de votre Mac. Souvent, nous observons que les zones oxydées sont en fait assez minimes : quelques composants par-ci, une petite zone par-là. Ces quelques gouttelettes seront suffisantes pour créer des dégâts importants. Même si, par la suite, votre Mac a le temps de sécher, l’oxydation créée ne s’arrête pas pour autant. Elle va s’étendre, et les métaux de soudure, ou le cuivre, vont s’altérer ou migrer. Des connexions vont se casser, du fait de l’oxydation du métal, quand d’autres pourraient se faire, du fait de la migration de métaux. Ces altérations sont accélérées par le courant électrique, et donc l’utilisation de votre Mac. Ce qui fait qu’un MacBook Pro peut cesser de marcher quelques jours, ou semaines après votre tasse de thé renversée.

Exemple des MacBook Pro Touchbar

Si l’une de ces puces devient défaillante, à cause d’un dommage liquide (et cela arrive souvent… croyez-nous), aucun des ports USB-C ne fonctionne.

Les MacBook Pro TouchBar possèdent 4 ports USB-C, qui permettent tous de charger votre Mac. Chaque port est géré par une puce de contrôle Thunderbolt/USB-C. Si l’une de ces puces devient défaillante, à cause d’un dommage liquide (et cela arrive souvent… croyez-nous), aucun des ports USB-C ne fonctionne. Ces puces « discutent » ensemble et doivent toutes fonctionner pour gérer la charge de votre Mac.

Un seul port USB-C défaillant, et votre MacBook Pro Touchbar ne s’allumera plus dès que la batterie sera vide.

Alors que faire ?

C’est un exemple parmi d’autres : les ports USB-C pour les MacBook Pro Touchbar, le rétroéclairage pour les MacBook Pro Retina… Chaque Mac a sa fragilité quant au dommages liquides.

Dans l’idéal donc, vous l’aurez compris, il faut pouvoir débrancher votre Mac, et ne plus l’utiliser jusqu’à pouvoir le nettoyer en profondeur, suivant le guide qu’on vous à concocté ci-dessous.

Thé, café, bière ? Avec ou sans sucre ? Ne riez pas, c’est important !

Hé oui, une tasse de thé sans sucre n’engendre pas les même dégâts qu’un verre de vin. Ce que contient le liquide permettra également de déterminer le risque. Paradoxalement, un alcool fort, peu sucré et volatile, créera moins de dégâts qu’une bière ou du vin, liquides sucrés contenants des acides et à même d’attaquer une soudure ou un composant de façon efficace.

De plus, le rinçage sera plus rapide si votre Mac n’a vu passer que de l’eau. Un liquide sucré, collant, ou pire corrosif rendra le nettoyage et le rinçage de la carte plus long et compliqué.

Etape 1: L’urgence ou déconnecter son Mac, et sa batterie

Extinction en restant longtemps appuyé sur le bouton « Power » du Mac. C’est l’urgence qui prime !

Idéalement, dès qu’un liquide entre en contact avec votre Mac, il faut absolument l’éteindre. Pas le temps de faire des sauvegarde ou de laisser Dropbox terminer l’upload. Extinction en restant longtemps appuyé sur le bouton « Power » du Mac. C’est l’urgence qui prime !

On débranche, bien sûr le chargeur. Et on retourne son Mac de façon ce que la maximum de liquide puisse en ressortir et évite d’atteindre la carte mère qui est sous le clavier.

L’étape suivante nécessite déjà des outils. Il faut pouvoir débrancher la batterie de votre Mac. On vous liste, ci dessous :

Déconnecter la batterie d’un MacBook Pro Unibody (2010 à 2012):

Sur le MacBook Pro Unibody, il faut vous munir d’un tournevis cruciforme de petite taille (PH00)… et c’est tout. On regrette cette époque, où tout était plus simple et accessible.

  1. On retire toutes les vis du capot arrière du Mac et on retire le capot.
  2. On déconnecte la batterie en soulevant vers le haut avec les ongles ou avec une spatule en plastique (pas de tournevis ou de métal, pour éviter les faux contacts !).

C’est assez simple, et très similaire sur tout les MacBook Pro Unibody, sauf les plus anciens 15 pouces, ou le connecteur de batterie se trouve en-dessous de celle-ci.

Déconnecter la batterie d’un MacBook Pro Retina (2012 à 2015):

Sur le MacBook Pro Retina, les vis sont cette fois-ci des pentalobes. Il vous faudra donc un tournevis pentalobe dit P5. Cela se trouve normalement, dans des kit de démontage pour smartphone en grande surface de bricolage.

Même étapes ici :

  1. On retire toutes les vis du capot arrière du Mac, et on retire le capot.
  2. On déconnecte la batterie en soulevant vers le haut avec les ongles ou avec une spatule en plastique (pas de tournevis ou de métal, pour éviter les faux contacts !).

Déconnecter la batterie d’un MacBook Pro Touchbar (2016 à 2019):

Sur les MacBook Pro Touchbar, la méthode est cette fois bien plus complexe. On vous la détaille ici. Si c’est une première pour vous, cela ne sera pas évident. Il vous faudra un tournevis pentalobe P5, et un tournevis Torx T5, ainsi qu’une ventouse, et un mediator de guitare. Ces outils se trouvent dans les kits outils spécial Smartphone des grandes surface bricolage, ou sur des sites spécialisés. Vous y trouverez également un pince-brucelle et une spatule noir, qui sont optionnelles, mais d’une grande aide.

Petit conseil : il faut vraiment entendre les différents clips sauter, en utilisant la ventouse et le mediator de guitare.

  1. On dévisse le capot arrière du Mac.
  2. On déclipse tout le tour en utilisant une ventouse et un médiator de guitare. On entend clairement les clips se défaire.
  3. On fait glisser le capot vers l’avant du Mac de 2-3 cm avant de le soulever.
  4. On déconnecte le connecteur d’information de la batterie, qui se trouve sous l’autocollant. Il faut soulever la petit partie plastique avant de tirer sur le flexible
  5. On dévisse la vis Torx à tête large, et on soulève le clip métallique souple qu’elle maintenait en place… ouf, on y est.

Déconnecter la batterie d’un MacBook Pro Air 11″ ou 13″ :

On retrouve, pour les MacBook Air, la simplicité de MacBook Pro Retina. En se munissant d’un tournevis Pentalobe P5, spécial smartphone, on déconnecte rapidement la batterie.

  1. On retire toutes les vis du capot et on le soulève par l’arrière du Mac, pour le déposer.
  2. On soulève le connecteur de batterie, avec une spatule plastique

Étape 2 : Nettoyer la carte mère (ou emmener votre Mac chez un pro)

L’étape 2 est plus délicate. Si vous êtes un habitué du démontage électronique, vous devriez vous en sortir.

Et petit conseil, prenez des photos des zones oxydées avant le nettoyage.

On vous conseille les tutoriels d’iFixit.com d’où viennent les images de tutoriels ci-dessus. Vous y trouverez toutes les étapes pour retire la carte mère de votre Mac.

Il faut, ensuite, vous munir d’alcool IPA à 90° minimum, et nettoyer votre carte mère avec une brosse à dents, et cet alcool. Restez sur les zones oxydées, nul besoin de nettoyer ce qui est propre… Laissez bien sécher votre carte-mère. Vous pouvez la mettre au four, sans dépasser les 120°C pendant 2h, pour la faire sécher en profondeur et plus rapidement.

Et petit conseil, prenez des photos des zones oxydées avant le nettoyage. Elles seront très utiles à un professionnel, si jamais il fallait remplacer des composants.

Si votre Mac ne fonctionne pas après ça, c’est que des composants ont été touchés. On fera un prochain article sur l’utilisation du bac à ultrason, du microscope et d’un équipement de soudure pou réparer une carte mère.

Si vous ne vous sentez pas d’aller plus loin que la déconnexion de la batterie, contactez-nous.

On sait faire, et on le fait très souvent !

Préambule :

Cet article porte sur des explications simples de fonctionnement d’un rétro-éclairage sur un écran. S’en suivent des détails bien plus techniques, pour utilisateurs avertis. Si votre objectif est uniquement de comprendre ce que votre réparateur préféré baragouine, arrêtez vous au premier chapitre (avant la migraine). Si vous êtes du genre technique et motivé, allez jusqu’au bout, et n’hésitez pas a poser des questions à la fin ! Ca nous aidera à améliorer l’article.

Commençons par le commencement. C’est quoi le rétro-éclairage ?

Votre écran d’ordinateur n’est pas fait d’une seule couche, qui vous affiche des informations, mais de deux : Une couche qui affiche effectivement les informations, icônes et images. C’est ce qu’on appelle communément la dalle LCD. Une autre couche qui sert à éclairer l’écran, le rétro-éclairage ou backlight, dans la langue de Shakespeare.

Principe de base du rétro-éclairage d’un écran

Le principe est simple, la première couche ne produit pas de lumière, elle ne fait qu’afficher ou masquer des points de couleur variable, et partiellement transparents (les fameux pixels) qui correspondent à l’information à afficher. Derrière se trouve un diffuseur, et des bandes de LED. Les bandes de LED sont en général disposées sur le côté de l’écran, et créent une faisceau de lumière à l’intérieur du diffuseur. Le diffuseur est une fine couche de matière plastique transparente, faite pour diffuser la lumière sur toute la surface de l’écran.

Le résultat est que la lumière crée par les LED, assez concentrée au départ, est diffusée de façon uniforme sur tout l’écran, puis passe au travers de la dalle LCD ou se trouve les pixels, pour afficher clairement une information qui sinon serait à peine perceptible. Les pixels de votre écran sont donc éclairés par l’arrière, par ce second système, pour que vous puissiez les distinguer : Eclairé par l’arrière = rétro-éclairage = Backlight.

Bande de LED du rétro-éclairage d'un iPod. (Wikipedia)

Bande de LED du rétro-éclairage d’un iPod. (Wikipedia)

Le rétro-éclairage est un classique des pannes de MacBook Pro, et de nombreux autres ordinateurs portables. Si le circuit en charge de l’alimentation des LED est défaillant, votre ordinateur et votre affichage fonctionnera, mais vous distinguerez à peine les informations.

Et sur un Mac, le backlight marche comment ?

Sur le Mac d’avant 2016, le logo pomme sur le dos de l’écran est transparent lui aussi. Il n’est éclairé quand l’écran s’allume. Cette pomme blanche est en fait éclairé par le même système de rétro-éclairage. Par conséquent, quand votre rétro-éclairage est défaillant, vous devriez pouvoir distinguer votre écran en mettant une lampe de poche (ou le flash de votre portable) derrière l’écran, pile au niveau du logo Pomme…

C’est encore le moyen le plus simple de diagnostiquer une rétro-éclairage défaillant, et c’est celui que nous utilisons !

Alimenter les LED du rétro-éclairage, c’est tout un programme

Place maintenant à un peu de technique. Une LED doit être alimenté pour briller. Logique. Elle est alimentée en tension, et on retrouve souvent des tensions de quelques volts à ses bornes : 2 à 5 Volts en général, pour chaque LED.

Nous venons de voir que le rétro-éclairage fonctionnait à partir d’une série de LED (une bande, parfois deux, une de chaque côté, sur les plus grands écrans d’ordinateur, voir une matrice de LED sur les écran de télévision) qui était ensuite diffusée au travers d’une feuille qui fonctionnait comme un prisme.

Chacune de ces LED étant montée en série, si nous en avons 10 sur la bande de LED qui éclaire notre écran, il nous faudrait entre 20 et 50V pour les alimenter (10 x 2 à 5 Volts = 20 à 50 Volts). Or, comme vous le savez, la tension de la batterie de votre ordinateur ne dépasse pas 12V.

Pour arriver à cette tension élevée, on utilise un circuit électronique, appelé DC-DC Boost. DC-DC car il converti du courant continu (Direct Current en anglais, le DC de AC/DC…) vers du courant continu, et Boost, parce qu’il permet d’augmenter la tension de sortie, de la booster. Et il n’y a rien de magique là-dedans, on ne crée pas d’énergie de nulle part. Pour citer Lavoisier : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». C’est le cas ici. Une tension faible peut se convertir en tension plus forte, mais le courant de sortie sera réduit. La puissance d’entrée sera équivalente à la puissance de sortie, moins les pertes de conversion. La puissance étant égale à la tension multipliée par le courant, si on augmente la tension en réduisant le courant, on booste la tension, avec la même puissance (les puristes excuserons les raccourcis honteux de cette dernière phrase).

Créer 50V depuis une batterie 12V

Les allergiques à la technique sont excusés à partir d’ici !

On alimente une inductance, (une bobine de fil). Pour faire simple, le rôle de cette bobine est de stocker des électrons dans ses enroulements de fil quand on la débranche de la sortie, électrons qui vont ensuite être renvoyés vers cette même sortie quand on va la reconnecter. A cette sortie, il y a nos LED, vous l’aurez compris. Le fait de débrancher puis rebrancher, permet justement de faire monter cette tension de sortie.

On alimente donc une bobine avec 12V. En sortie de celle-ci, on place un transistor MOSFET qui servira d’interrupteur commandé. Lorsque cet interrupteur est ouvert, les électrons sont stockés dans la bobine, et quand on le ferme, ces électrons s’échappent vers la sortie (les LED, dans notre cas). La tension d’entrée stable à 12V, devient une tension sous forme de pics à 60V en sortie. Il nous suffit de filtrer ces pics avec des condensateurs (qui stockent les électrons pour lisser la sortie). On obtient une tension de sortie plus élevée que l’entrée.

LP8550 driver led rétro-éclairage MacBook Pro Datasheet

Extrait de la datasheet du LP8550, le driver LED qui équipe le backlight de MacBook Pro 2010 à 2012.

Dans les faits, la fréquence de commutation du transistor permet de faire varier la hauteur de nos pics de tension (Une ouverture plus longue donne un pic plus haut, jusqu’à une certaine limite) et donc de faire varier la tension de sortie lissée.

En d’autres termes, quand vous augmenter la luminosité de votre écran avec la touche , vous réduisez la fréquence de commutation (temps entre ouverture et fermeture) du transistor du DC-DC Boost. C’est l’inverse pour réduire la luminosité : le temps ouverture-fermeture est plus court -> donc les électrons stockés sont moins nombreux ->le pic de tensions à la fermeture est plus petit -> la tension d’alimentation des LED est plus faible -> votre écran brille moins…

Driver LED, inductance, MOSFET, fusible…ça en fait du monde

Toute cette gymnastique est créée et géré par une seule puce, appelée Driver LED. La bobine est extérieure à cette puce, elle est bien trop grosse. Par contre, le MOSFET est parfois intégré au Driver LED, sur les MacBook Pro/Air avant le Retina, et extérieur au Driver LED sur les MacBook Pro/Air plus récents.

Des capteurs de courants sont également présents (sous la forme de résistance de shunt). S’ils sont défaillants, ils donnent une mauvaise information au driver LED. Vu les hautes-tensions en jeu, il y a également un fusible en aval, qui vient protéger le tout.

Ce petit listing doit commencer à vous donner des pistes de pannes possibles (ou vous laisser dubitatif) :

  • Si les résistances en jeu dans la mesure de courant son défaillantes, le Driver LED ne saura pas réguler la sortie correctement. Et votre backlight ne fonctionnera pas.
  • Si le fusible à grillé, à cause d’un dommage liquide par exemple, c’est tout le rétro-éclairage qui n’est plus alimenté.
  • Si le MOSFET est constamment ouvert, ou fermé, c’est pareil, plus rien ne fonctionne.
  • Enfin, si on ne dit pas au Driver LED de s’allumer, il n’éclaire pas l’écran… une simple piste coupée ou un condensateur en court-circuit peuvent en être responsables !

Analyse du backlight d’un MacBook Pro fin 2013

Les composants de gestion du rétro-éclairage des MacBook Pro et MacBook Air sont tous situés à côté du Driver LED. Soit du même côté de la carte-mère, soit de l’autre côté pour la bobine. Ils ne sont pas forcément proches du connecteur de l’écran.

On distingue bien sur le schéma en illustration, le Driver LED nommé U7700. Un LP8548 fabriqué par International Rectifier, et totalement indisponible chez les distributeurs officiels: Apple est passé par là. Autour, sont placés tous les composants dont on a parlé plus haut:

  • La résistance/capteur de courant R7700
  • le fusible F7700 (32V-3A)
  • un MOSFET pour alimenter ou couper le backlight – noté Q7700
  • l’Inductance L7710
  • Le MOSFET du DC-DC Boost Q7701
  • Une diode qui fait également partie de notre DC-DC Boost  – notée D7710

Les choses se passent comme suit:

  1. 12V arrivent de la batterie ou du chargeur (ligne d’alimentation globale de l’ordinateur PPBUS_G3H) et passe d’abord par le fusible.
  2. Ensuite le capteur de courant R7700 donne l’information de la puissance consommée au Driver LED U7700
  3. Q7700 est uniquement là pour couper le rétro-éclairage: Si l’ordinateur se met en veille par exemple.
  4. Tout ce courant passe ensuite par le montage composé de l’inductance, le MOSFET et la Diode. C’est le DC-DC Boost. Le tout est piloté par le Driver LED (qui régule le tout en fonction des informations du capteur de courant)
  5. La tension de sortie est ensuite filtré par une série de condensateur, qu’on ne voit pas sur ce schéma
  6. Le tout va directement au connecteur de l’écran (qu’on ne voit pas non plus dans l’image).

C’est finalement, pas si compliqué.

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Schéma carte-mère MacBook Pro rétroéclairage réparation
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Les 12 Volts arrivent de la batterie ou du chargeur, et passent par le fusible F7700.

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Le courant passe ensuite par la résistance R7700, qui sert de capteur de courant pour le Driver LED.

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Q7700 (un Transistor MOSFET) est là pour couper le rétro-éclairage. L’ordre lui est donné par le Driver LED.

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Le courant passe par l’inductance, situé de l’autre côté de la carte-mère. C’est ici que le DC-DC Boost commence sont travail.

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Le courant revient vers le MOSFET Q7701 et la diode D7710. Cet ensemble inductance/MOSFET/Diode compose le DC-DC Boost

Depuis le MacBook Pro 2009, jusqu’au plus récents MacBook Pro Touchbar, le circuit de backlight n’a subit que de légères retouches et modifications. Si vous avez compris ce qui se trame ici, vous pourriez être capable de diagnostiquer le rétro-éclairage de n’importe quel MacBook Pro ou MacBook Air.

Le Driver LED a évolué avec la machine et sa gestion d’énergie. Quelques composants ont été replacés plus proche, d’autres plus loin, mais globalement, l’idée est la même.

Conclusion

Si vous êtes arrivé jusqu’ici, que vous avez tout compris, et que vous voulez tester ça en vrai, n’hésitez pas à nous envoyer un CV !!!

Si vous n’avez pas tout compris, c’est parce que nous ne pouvons (trop) en mettre dans un seul article. On envisage de peut-être faire quelque chose de plus détaillé, et en 2 parties, pour l’avenir. Mais si vous comprenez le principe, vous en savez déjà beaucoup sur les Mac, les écrans, et le fonctionnement de leur rétroéclairage.

N’oubliez que notre boulot c’est de réparer ces machines. Alors si cet article vous à convaincu de nous confier votre Mac, c’est par ici:

On s’est posé beaucoup de questions pour notre nom, pour trouver quelque chose qui nous représente vraiment. Certes, le plus simple est de décrire l’activité : Mac’Répar Lyon, par exemple. Beaucoup de réparateurs font ce choix (qui a le gros avantage d’aider au référencement…).

Mais on ne se sentait pas à l’aise avec cette idée. Chez 6337, on est plus des techniciens que des vendeurs, et on voulait que ça se reflète dans notre nom. Du coup, pas de « réparation », « clinique », ou « électronique » pour nous. Aussi, on ne voulait pas que notre concept s’arrête à la réparation de Mac. C’est le début, et le bout par lequel on attaque la réparation électronique. Notre rêve (inavouable) serait de pouvoir tour réparer, et surtout ce qui ne se répare pas déjà : « Réparer l’irréparable » ? C’est exactement notre ambition (mais c’est un peu trop long pour un nom).

6337, ça nous a plu tout de suite. Pour la symbolique, pour le clin d’oeil technique !

63 + 37 = 100

Vous ne l’avez peut-être pas remarqué, mais tout le sens du nom se cache derrière cette addition. 63 + 37 = 100. 63 et 37 sont deux pourcentages : les pourcentages d’étain (Sn) et de plomb (Pb) utilisés dans la majorité des soudures de réparation. Aujourd’hui, dans l’industrie, on n’utilise plus de plomb bien sûr (la norme RoHS est passée par là). Mais en atelier, on n’a pas le choix.

Alors pourquoi ce mélange exact de Sn63Pb37 ? C’est tout simplement le point eutectique de l’alliage étain-plomb. « Le point quoi ?!? ». Oui, je l’ai entendu, vous l’avez pensé très fort. Le point eutectique est un point de fusion bien spécifique d’un alliage. C’est le point ou cet alliage passe du liquide, au solide (ou l’inverse) à la température la plus basse. Ce point est défini par une température, ici 183°C, une composition d’alliage précise, le fameux mélange d’étain à 63% et plomb à 37%. Toute autre composition aura une température de fusion supérieur aux 183°C de ce mélange spécifique.

Et 183°C, c’est très bien comme température : c’est une température que n’atteindra jamais un composant électronique. Mais c’est aussi une température qui ne détruira pas ce composant. Idéal pour souder sans tout casser donc.

La petite illustration ci-dessous montre un diagramme eutectique. Elle demande une rapide explication pour bien la lire. Il s’agit mélange Sn/Pb (étain-plomb, donc).

En abscisse (l’axe horizontal), se trouve le taux de chaque composé: étain (Sn) et Plomb (Pb). En ordonné (l’axe vertical) se trouvent les températures. Et entre les deux, on note les états (solide ou liquide), de l’alliage. Cela permet de connaître, pour chaque mélange, sa température de fusion et sa composition de liquide ou de solide. 183°C et 63/37, c’est ce point précis, idéal pour cet alliage. Tout simple, non ?

Voilà. Vous savez tout sur notre nom, et se qui se cache derrière. C’est un nom technique, précis, et qui définit la situation et la solution de soudure idéale. On se retrouve pas mal dans tout ça !

Modèle : Macbook pro 15 Mi-2012
Numéro de modèle : A1286
Numéro de carte mère : 820-3330-B
Symptômes : Dommage liquide : Tisane renversée
Solution : Remplacer R7051, R7052 et C7050

Un MacBook Pro de 2012 ? C’est assez ancien, et n’importe qui laisserait tomber. Pourtant c’est encore une très bonne machine, même en 2019. Elle est modulaire (ports USB, FireWire ou encore RJ 45) et upgradable (RAM et HDD accessibles).

Son processeur n’a pas vraiment à rougir face à des MacBook Pro récents, et avec une puce graphique dédiée, il s’en sort encore bien. Il suffit de gonfler la RAM et de l’équiper d’un SSD.

C’est donc tout naturellement que notre client du jour souhaite faire réparer ce MacBook Pro pour le garder.

Ce MacBook Pro 2012, avec écran 15 pouces, est un modèle avec écran classique (non Retina). Il ne fait pas non plus partie de ceux qui ont des problèmes récurrents de carte graphique. Une réparation sur cette machine vaut donc carrément le coup : elle peut encore durer et rendre de nombreux services.

Dommage liquide sur carte mère de MacBook Pro

Ce Macbook Pro a subi un dégât liquide. Un peu de tisane à été renversée sur la table et est entrée par la partie aération. Le propriétaire a eu le bon réflexe : l’éteindre et le faire sécher au mieux. Il a pu le rallumer par la suite, faire un back-up de ses données. Mais au bout de quelques jours, l’oxydation faisant son effet, l’ordinateur a commencé à mal fonctionner. D’abord il ne s’allumait plus que sur batterie, puis finalement, il ne s’allumait plus du tout…

Un autre réparateur a eu accès à la machine, et n’a heureusement rien tenté sur la carte-mère de ce MacBook Pro. Il l’a déclarée irréparable. Cela tombe bien, c’est exactement ce que nous réparons, à 6337 !

Le diagnostic n’est jamais simple

C’est avec ces informations que nous attaquons notre diagnostic. Quand l’ordinateur arrive, il est déjà ouvert. Les vis sont fournies à coté, dans un sachet.

Rien ne paraît choquant, au premier abord. Mais il y a bien une petite zone oxydée sur la carte et nous découvrirons 2 ou 3 autres zones très légèrement oxydées également.

Il est possible que le peu de liquide entré ait été projeté par le ventilateur. Ce seraient ces quelques gouttes qui auraient oxydé la carte.

La zone touchée est autour d’ISL6259. C’est une puce assez connue car elle gère un bonne partie de l’énergie et de la charge du MacBook Pro. Elle est souvent en faute lorsque des problèmes de chargeur, de charge de batterie, d’extinction inopinée, etc… surviennent.

La technique :  explication du circuit de charge d’un MacBook Pro

Notre problème se situe en plein dans le circuit d’alimentation et de charge de la carte mère de notre MacBook Pro.

Schéma-bloc de la partie alimentation et charge. Extrait du schéma d’une carte mère de Macbook Pro.

Principe de fonctionnement :

  • En haut à gauche arrive le chargeur (AC Adapter).
  • En bas à gauche se trouve la batterie (PPVBAT_G3H_CONN).
  • Le MOSFET Q7055 est piloté par CHGR_BGATE, qui vient d’ISL6259. Il décide d’ouvrir la vanne d’énergie pour alimenter la carte-mère depuis la batterie.
  • Chargeur et batterie passent par des capteurs de courant. Le courant est mesuré en le faisant passer au travers d’une résistance très faible (R7020 et R7050) qui donne à ses bornes une tension proportionnelle ou courant qui la traverse. (U=RI, souvenirs du cours de physique…)
  • ISL6259 récupère les informations de quantité de courant arrivant du chargeur et de la batterie (grâce à ces résistances-capteurs de courant), et gère ces flux en fonction de la présence ou non d’un chargeur (en utilisant des MOSFET), et du niveau de charge de la batterie. Il est également en dialogue avec le SMC, qui lui dit quand votre MacBook Pro doit s’allumer ou s’éteindre.
  • On retrouve bien sûr des fusibles à différents niveaux (F6905 et F7040), qui doivent se suicider en cas de court-circuit.

ISL6259 et capteurs de courant :

Si la zone autour d’ISL6259 est touchée, il est possible qu’un des capteurs de courant, ou qu’un des composants de ces lignes soit touché. Il devient alors impossible à votre MacBook Pro de savoir la quantité d’énergie fournie soit par le chargeur, soit par la batterie. Par sécurité, votre ordinateur ne s’allumera pas. Il se peut aussi qu’il se fourvoie (à cause de ces dégâts liquides) sur ces quantités, et choisisse de ne pas charger ou ne pas utiliser la batterie alors que c’est nécessaire.

Schéma détaillé de la zone touchée de la carte mère de Macbook Pro. En jaune, les composants changés.

Ça, c’est pour la théorie, et pour les grandes lignes.

Dans le détail, il y a bien d’autre composants qui permettent à ISL6259 de capter et comprendre ces courants et tensions d’entrée et de sortie.

L’analyse : Oxydation du circuit de charge

Notre MacBook Pro 2012 est oxydé autour des résistances R7051 et R7052. On le voit très bien sur les images du microscope. On peut les comparer avec le schéma de PCB de la carte mère. La zone entourée en rouge correspond à ISL6259, au deux résistances sur les lignes de mesure de courant, et au condensateur de découplage.

 

Ce sont des résistances qui viennent en aide à la mesure et régulation de courant. R7051 mesure 2.2 Ohm conformément à la datasheet de ISL6259 (ou de son équivalent ISL6255). R7052 est une résistance de 0 Ohm. Pourquoi Apple à conçu un PCB avec des résistances à 0 Ohm ? Sincèrement, je ne sais pas… Peut-être pour assurer la symétrie (2.2 Ohm d’un coté et 0 de l’autre). Potentiellement pour faire le lien vers le point de test qu’il y a juste a coté, sur le PCB.

En l’occurrence, à la mesure, ces résistances étaient défaillantes, et c’est ce qui causait notre problème de boot. ISL6259, ne sachant pas si le courant de la batterie passait bien ou pas, ne pouvait pas gérer la charge, ni le démarrage.

Le savoir-faire : Soudure et remplacement de composants sur la carte-mère

Nous avons donc remplacé ces deux résistances, ainsi que le condensateur de découplage qui se trouve entre les deux. Ils ont été ponctionnés sur une carte mère de Macbook Pro équivalente, mais impossible à réparer.

Souder ce genre de composants demande un peu de rigueur et de technique. Ce sont des 0402. Ils mesurent donc 1mm x 0.5 mm. On les soude avec notre pistolet à air chaud.

La technique consiste à utiliser le coté capillaire (la tension superficielle, pour être exact) de l’étain fondu. Une fois positionné de façon approximative, la résistance vient se mettre en place toute seule. L’étain fondu l’attire dans son emplacement. Mais une petit vidéo vaut mieux qu’un long discours. Ci-dessous, un extrait de l’excellente chaîne Youtube The Art of Repair.

On peut facilement faire la différence entre le avant et après, sur les photos ci-dessous.

Il nous a fallu :

  • Enlever les composants défaillants à l’air chaud.
  • Enlever l’étain en place et nettoyer la zone avec une tresse à dessouder.
  • Replacer de l’étain sur les pads.
  • Récupérer chaque composant à changer sur la carte donneuse d’un autre Macbook Pro.
  • Les replacer un à un sur leur pad, en utilisant du flux de soudure pour nous faciliter la tâche.
  • Nettoyer le tout à l’air chaud et à l’alcool.

Vu la petite taille de la zone, nous ne faisons pas passer la carte par un bain dans le bac à ultrason. Le nettoyage minutieux à l’alcool IPA, et avec un peu de chaleur enlève la majorité du flux.

Zone oxydée de la carte mère, avant réparation.

La carte mère du Macbook Pro après réparation et nettoyage.

(Encore) une carte mère de MacBook Pro réparée

Il n’en fallait pas plus pour que ce MacBook Pro démarre et recharge sa batterie. Même si la batterie avait atteint 0% de charge, elle était encore en état pour être chargée. On a pris soin de laisser le Macbook Pro charger la batterie avant de le remonter pour le rendre à son propriétaire.

Et c’est reparti pour quelques années de plus pour ce MacBook Pro 2012, increvable!

On nous demande souvent avec quoi on travaille ou quel genre d’équipement il faut pour réparer une carte mère de Macbook Pro ou Macbook Air. Alors voici un petite récapitulatif de l’indispensable.

Cet article n’est en rien exhaustif, mais cherche à éclairer les débutants, et les agnostiques, à propos de la réparation de cartes électroniques, et en particulier de cartes mères de Macbook pro ou Macbook Air (ou iMac et autres Dell XPS…).

On va donc se faire une petite liste des éléments de base qu’il vous faudra absolument rassembler pour réparer une carte mère. Certains sont accessibles à tous, d’autres sont plus chers, spécialisés ou compliqués à trouver. Dites-vous simplement que dans notre atelier, on a tout ça, parfois en double ou triple, et bien plus.

L’outil indispensable c’est… votre Cerveau

Ça paraît évident, mais vous en aurez vraiment (vraiment !) besoin. Le premier élément dont il va falloir se servir, c’est votre cerveau. Il va falloir réfléchir à savoir « pourquoi et comment » avant d’attaquer toute réparation.

Ce qui peut arriver de pire à une carte mère (la pauvre…) c’est que quelqu’un tente de réparer quelque-chose qui fonctionne.On a déjà vu ça plus d’une fois. Il y a quelques principes de bases à avoir, et de nombreux points à vérifier.

On en à tous un. Il va falloir s’en servir.

Si une puce ne délivre pas le signal voulu, est-ce parce qu’elle est hors-service ou parce qu’une autre puce hors-service ne lui dit pas de s’allumer ? Si le signale n’arrive pas, est-ce parce que la puce en charge de fournir est hors-service ? Parce qu’elle n’est pas alimentée correctement ? Parce que la piste qui amène ce signal a grillé ? À cause d’un composant sur la piste de signal qui est en court-circuit (condensateur ou résistance) ?

Bref, ce n’est pas aussi simple, et c’est pour cela qu’il va falloir emmener son cerveau et mettre sa matière grise à contribution.

Une panne de carte mère, c’est rarement simple. La diagnostiquer correctement demande patience et réflexion.

Un Multimètre, même le plus basique, sera largement suffisant

Là, rien de haut de gamme n’est nécessaire. Un simple multimètre à 10€ vous permettra d’en faire autant qu’un expert. Vous devrez juste savoir vous en servir, et surtout en connaître les limites !

Un multimètre possède une résistance minimum, en dessous de laquelle il considère qu’il y a court-circuit. C’est à vous de connaître cette valeur, et de savoir que si votre multimètre bipe, ça veut peut-être seulement dire que la valeur à mesurer est en dessous de la limite mesurable du multimètre… et on ne peut pas y faire grand-chose. Parfois, la résistance de vos pointes de multimètre sera aussi grosse que ce que vous cherchez à mesurer (0.5 Ohm, ou 1 Ohm).

15€ pour une multimètre, c’est largement suffisant.

La seule solution est de connaître votre matériel et ses limites. Acheter un multimètre avec un sensibilité accrue n’est que dépense inutile pour diagnostiquer une carte mère de MacBook Pro.

On reviendra dans d’autres articles, dans le futur, sur l’utilisation du multimètre.

Les schémas électriques des MacBook Pro sont… trouvables (on peut pas dire où)

Oui, on parle des schémas électroniques de la carte mère du MacBookPro ou MacBook Air. Il est bien plus facile de diagnostiquer une carte lorsqu’on a le schéma du PCB (Printed Circuit Board), et le schéma électronique. Le premier, au format .BRD, montre ou se trouve chaque composant sur la carte mère. Le second, au format .PDF, montre quels composants sont reliés ensemble, quels sont leurs caractéristiques ou leurs rôles. C’est ce schéma qui nous permet de vous parler des noms de pistes (PP3V3_S0, par exemple) et de nommer des composants.

Schéma de charge de MacBook Pro

Voilà à quoi ressemble un (petit) bout de schéma.

Ne nous demandez pas de vous envoyer des schémas, nous ne les communiquons pas. Ils sont faciles à trouver rapidement sur Google, surtout pour les Macbook Pro, Macbook Air, iMac et même Iphone…

On peut utiliser le logiciel OpenBoardView pour ouvrir le fichier du PCB. Il est gratuit et libre (vive l’Open-Source).

Un autre logiciel existe également. Ce soft s’appelle Flex BV. Il est dérivé d’OpenBoardView et possède de nombreux ajouts qui facilitent grandement la vie en tant que réparateur. L’aller-retour entre PDF et BRD, la recherche de composants, la recherche dans des cartes donneuses… Tout cela est automatisé ! Son créateur, Paul Daniels, traîne sur les forum et groupes de discussion de réparateurs. Vous pouvez être sûr qu’il sera réactif à vos demandes. Cerise sur le gâteau, Le logiciel coute 79€ en une seule fois. Il n’y pas d’abonnement ou autres. Par les temps qui courent, c’est appréciable.

Les bons tournevis, et des petites pinces seront indispensables

Il ne faut pas grand-chose comme outil pour ouvrir et explorer un Macbook Pro ou Macbook Air. Mais certains outils sont bien spécifiques. Le tournevis pentalobe ou tri-point n’est pas dans toutes les trousses.

Les kits d’iFixit sont très bien fait. Parmi les tournevis, le fameux Pentalobe 5 est indispensable. Il ne servira qu’à ouvrir le capot arrière de la machine, mais c’est impossible de faire sans. Ensuite, vous utiliserez beaucoup de Torx, en particulier T5 mais parfois aussi T8 ou T9 (pour enlever l’écran par exemple). Certaines vis sont des classiques cruciformes de petite taille.

Pinces brucelles

Il vous faudra aussi un outil plastique fin pour défaire les nappes ou connecteurs de la carte mère avant réparation. Un médiator de guitare fait bien l’affaire, ou une carte de réduction redécoupée. Préférez vraiment du plastique pour ce genre de choses (les outils métalliques peuvent faire court-circuit). Enfin, une pince brucelle (petite pince de labo) sera utile, voir même indispensable si vous vous lancez dans la soudure.

La soudure sur carte mère se fait avec un microscope binoculaire…

Si vous souhaitez non seulement diagnostiquer mais aussi vous initier à la micro-soudure pour réparer, un microscope améliorera grandement votre confort. C’est un loupe à grossissement jusque x40, parfois plus, sur un pied déporté. Elle permet de voir avec ses deux yeux, et donc d’apprécier la profondeur (contrairement au microscope de biologie avec une seule oculaire). C’est indispensable pour travailler et souder des composant sur des carte mère de MacBook Pro. Cela peut coûter assez cher, de quelques centaines d’euros pour un modèle fiable d’occasion, jusqu’à plusieurs milliers d’euros pour les modèles pro.

Le genre de chose qu’un microscope binoculaire permet de voir : un condensateur qui à mal vécu une surtension.

Pour le moment, nous sommes équipé d’un Bausch & Lomb Sterezoom 5 qui doit dater des années 80. C’est un très bon rapport qualité prix et c’est bien mieux que les microscopes Made in China vendus au même prix. Contrairement à l’électronique, l’optique n’a pas beaucoup évolué récemment. Mieux vaut parfois un bon outil vintage qu’un mauvais outil récent.

Notre loupe Bausch & Lomb

Si vous faites de la réparation électronique très régulièrement, ou si vous voulez vous lancer professionnellement, c’est indispensable. Les images grossies et rondes de nos posts de blog viennent de cet outil. N’hésitez pas à nous demander conseil. Nous avons fait beaucoup de recherches et d’essais avant de faire notre choix.

Il faut également un fer à souder et un pistolet à air chaud

Désouder et resouder des composants discrets ou des boîtiers BGA demande là aussi du matériel spécifique. Il vous faudra une station à souder. Pourquoi une station ? Parce que vous devez pouvoir régler la température du fer. L’objectif est de pouvoir donner un peu plus de puissance à votre fer si vous soudez un composant connecté à la masse. Le plan de masse d’une carte mère de Macbook absorbe vite la chaleur. Il vous en faut plus pour amener l’étain à température de fusion.

C’est indispensable aussi que la panne du fer soit assez fine pour de petits composants ou pour les connecteurs. Parmi les marques les plus connues, on peut citer Hakko, Weller, JBC, Ersa ou Pace. Les contrefaçon de station Hakko sont partout, même chez des revendeurs de renom. Alors faites attention en passant commande !

Un seul fer Made in China sort du lot, c’est le TS100. Il est assez puissant pour une carte mère, et reste assez fin. Il est également réglable en température et assez stable. Si vous n’avez pas beaucoup de budget, c’est ce qu’il vous faut. Nous ne l’avons pas testé mais avons vu des nombreux tests de pro de la réparation de carte mère Macbook.

La station à air chaud servira principalement à souder et désouder les BGA sur votre carte mère de Macbook. Là aussi, les modèles les moins chers sont moins efficaces. Il faut que le débit d’air soit assez fort et que la machine soit stable en température. La communauté des réparateurs de carte mère ne jure que par la Quick 861. D’autres versions sont sortis depuis, avec quelques améliorations. Mais toute la gamme est globalement la même, et de niveau professionnel.

Faites attention aux contrefaçons, qui commencent, là aussi, à être de plus en plus nombreuses.

Vous pouvez vous orientez aussi vers de grandes marques (JBC par exemple), mais le ticket d’entrée n’est pas le même. On parle ici de 1000€ pour une station JBC contre seulement 250€ pour une station Quick.

De l’étain, du flux, et d’autres consommables qui seront bien utiles pour réparer une carte mère

Avoir des consommables de qualité vous amènera vers la réussite. Et là aussi les contrefaçon sont partout. Pour l’étain, choisissez simplement une grande marque. Elles se valent toutes. Pour le flux de soudure, notre préférence va vers celui d’Amtech. Là encore, trouver du flux Amtech qui ne soit pas une contrefaçon est très difficile !

Petit aparté : le flux est cette pâte blanche/transparente qui l’on met avant de chauffer l’étain. Elle décape le support et facilite l’accroche de l’étain. Travailler avec ou sans flux, c’est vraiment le jour et la nuit. On vous conseille fortement de vous en équiper si vous soudez des cartes mères MacBook. La différence est bluffante. Il vous faudra également de l’alcool IPA pour nettoyer ce flux de soudure sur la carte mère.

Il y a bien sûr d’autres consommables tels que des composants de remplacements (bien sûr), des cartes donneuses ou du fil de connexion.

Conclusion

Voilà, vous en savez un peu plus sur les outils du réparateur de carte mère Macbook Pro et Macbook Air. Si vous voulez vous lancer, si vous avez des questions sur votre diagnostic ou si vous avez besoin d’un coup de main : demandez-nous ! On est là pour ça. Si vous avez tenté de réparer votre propre mac et que vous avez tout cassé, on est surement votre dernier espoir…

(Non, nous ne facturons pas le moindre conseil. On aime ce métier, et on aime le partager… gratuitement. Le savoir est clé dans cette activité !)

L’espace disque sur un Mac coûte cher. Il suffit de regarder le coût des options avec un SSD plus conséquent. Il est probable que comme moi, vous ayez fait le choix d’un SSD plus petit (sauf si vous êtes bien né – On ne juge personne…). Cela permet tout simplement de rentrer dans le budget prévu. Mais aujourd’hui, les SSD standards sont bien moins chers. Pourtant Apple continue de faire payer le prix fort.

Voici les 4 possibilités pour changer le SSD de votre MacBook Air 2010, 2011 ou 2012, maintenant le que les puces SSD sont bien plus abordable.

Spoil: La plus économique est tout en bas 😉

 

1/ Acheter un SSD pour MacBook Air sur un site d’occasions spécialisées :

Parce qu’il y a un petit marché de l’occasion dans ce domaine, pourquoi ne pas tenter d’en profiter. Ce sont souvent des personnes dont le Mac à eux quelques soucis. Si la carte mère est cassée, autant tirer profit des restes de la bête pour financer un nouvel achat. On trouve donc des pièces détachées sur des sites spécialisés. Nous en avons trouvé quelques-uns sur le site Bricomac.com, un site bien fait à la navigation intuitive,(Update 2019:) qui depuis la fin août 2019, malheureusement, n’existe plus.

Mais pour 299€ le SSD 256Go pour MacBook Air 2011, on repassera. (Mais on reviendra peut-être si on doit changer un clavier ou un écran).

  • Avantages :
    • Facile à trouver
    • Compatibilité garantie
  • Inconvénients :
    • Très cher
    • Les stocks sont souvent faibles

 

2/ Fouiller les petites annonces pour trouver des SSD MacBook Air d’occasion:

Si vous êtes un chineur dans l’âme, et que vous avez du temps, alors n’hésitez pas. leboncoin.fr reste le leader dans ce domaine. On y trouve de nombreux Mac et des pièces détachées de la marque à la pomme. Vous y trouverez peut-être votre bonheur : un SSD d’origine Apple compatible avec votre MacBook Air. Les mêmes conseils que pour n’importe quel achat s’appliquent : Préférez la remise en main propre et testez le fonctionnement du SSD si possible.

Capture d’écran d’une annonce leboncoin pour un SSD MacBook Air

Ici aussi les prix sont assez élevés. Le principe de l’offre et de la demande s’applique (comme partout ailleurs)

  • Avantages :
    • Compatibilité garantie
  • Inconvénients :
    • Assez cher
    • La disponibilité est faible, il faut être chanceux
    • C’est un achat d’occasion, avec les aléas qui en découlent

3/ Les Fabricants de SSD compatibles Mac, OWC ou Transcend :

Ceux qui ont déjà voulu changer de SSD connaissent cette solution. Il existe quelques fabricants de SSD qui sont compatibles avec les machines MacBook Air ou MacBook Pro. C’est a priori une bonne solution, sans trop de risques. Faites malgré tout quelques recherches sur les modèles que vous achetez. Certains sites ont déjà montré que OWC, pour ne pas les citer, avait fait un montage « assez sale [qui] augmente les risques de défaillances » (sic) pour obtenir la compatibilité et les performances requises sur un SSD compatible avec la gamme 2015 d’Apple.

Un SSD de OWC

Mais ce sont des solutions malgré tout réputées et faciles à mettre en œuvre. Encore une fois, il vaut mieux avoir un portefeuille un peu épais : 184€ les 256Go chez OWC soit 0.72€/Go. C’est deux fois plus cher qu’un disque classique de Type M2.

  • Avantages :
    • Compatibilité garantie
    • Simplicité d’installation
  • Inconvénients :
    • Toujours très cher

4/ Un simple adaptateur « made in China » qui rend des SSD M2 compatible avec un MacBook Air

Apple a bien mis des connecteurs propriétaires dans ses machines. D’après ce que je connais du design interne d’un MacBook Air, ça n’a rien à voir avec des considérations techniques. L’objectif est bien de verrouiller le consommateur pour qu’il ne puisse pas changer les composants de son MacBook Air ou Pro.

Alors, s’il n’y a que le connecteur qui change, pourquoi ne pas utiliser un adaptateur ? Et c’est là que vous réalisez que vous êtes tombé sur le bon site.

Montage d’un SSD Transcend 1To sur un adaptateur pour MacBook Air

Avec un un adaptateur, vous pouvez monter un disque SSD type M2 SATA de votre choix dans n’importe quel MacBook Air de 2010 à 2012. Le montage n’est pas plus compliqué que pour les solutions ci-dessus. Et le prix ? Il défie toute concurrence. Pour quelques euros vous disposez d’un adaptateur et des outils pour démonter votre MacBook Air. Ensuite, vous achetez un SSD Type M2 : Un Crucial MX500 de 256Go par exemple. Il est vendu 50€ sur Amazon. Au total, ça vous fait un nouveau disque SSD pour votre MacBook Air pour 50€ plus le prix de l’adaptateur.
Attention: Pour un MacBook Air 2011, prenez bien un disque SATA, au format M2. (Les disques PCIE sont incompatibles).

  • Avantages :
    • Compatibilité garantie
    • Simplicité d’installation
  • Inconvénients :
    • Prix très accessible

Conclusion :

Et pour terminer cet article, je vous propose notre tableau comparatif pour Macbook Air 2011:

SSD Macbook Air 2010/2011

256Go 512Go
Boutiques Disponibilité Prix Disponibilité Prix
BricoMac Site fermé en 2019 N/A N/A N/A
Leboncoin 1 en Stock 80 € Non Dispo N/A
OWC* (Distribué par MacWay) En stock 130 € En stock 279 €
Transcend (Distribué par Amazon) En stock 160 € En stock 313 €
Adaptateur + SSD M2 Crucial MX300 En stock 70 € En stock 120 €

*Disques de 240Go et 480Go uniquement.

Hors frais de livraison. Sur des prix constatés à l’été 2019 – Sur la base de kits avec outils d’installation, mais excluant les boîtiers externes.

Ce Macbook Pro Retina, modèle A1502, ne bootait pas du tout, aucun signe de vie.

Modèle: Macbook pro Retina 13 Fin 2013
Numéro de modèle: A1502
Numéro de carte mère: 820-3476-A
Symptômes: Ne s’allume plus. Aucun choc. Pas de dommages liquides
Solution: Remplacer U8300

Le diagnostic d’un carte mère est parfois simple…

Ce Mac est un MBP Retina fin 2013, avec une carte mère 820-3476-A. Un ordi qui ne démarre pas du tout permet de faire un diagnostic assez basique et direct.
Sur un Macbook, la première chose est de vérifier si la diode du chargeur s’allume. Tout d’abord, on retire le capot de l’ordinateur et l’on débranche la batterie. Si on a une jolie diode orange bien brillante cela veut dire que le connecteur du chargeur communique bien avec le SMC (System Management Control). La puce du SMC communique avec l’électronique a l’intérieur du connecteur du chargeur. Ils utilisent le protocole I2C. C’est cela, qui permet d’allumer la diode en orange ou vert. Si le SMC ou tout composant entre les deux est défectueux, la diode ne s’allume pas.

C’est notre cas ici, et c’est très bon signe et cela signifie que notre problème se trouve ailleurs. Cela ne facilite pas pour autant le diagnostic.

…Et parfois plus compliqué !

Mais les sources du problème peuvent être très diverses. Il faut tester les lignes de tension une par une, et dans l’ordre dans lesquelles elles sont sensées s’alimenter, pour trouver une piste. Comme un enquêteur, on procède par étapes. Sur un Macbook pro récent, les lignes d’alimentation s’allument dans cet ordre :

  1. PP3v42
  2. PPBUS_G3H
  3. PPVRTC_G3H
  4. SMC_PM_G2_EN
  5. PM_SLP_S5_L
  6. PP5v_S5
  7. PP3v3_S5
  8. PM_SLP_S4_L
  9. PP5v_S4 (Vérifier toutes les lignes)
  10. PP3v3_S4 (Vérifier toutes les lignes)
  11. Lignes “S3”
  12. Lignes “S0”
  13. Lignes VCORE du chipset
  14. S4, S3, et S0 sont déclenchées par des interrupteurs. Ces montages interrupteurs vont prendre la ligne S5 (PP5V_S5, PP3V3_S5) et les connecter aux S4, S3 et S0 quand elles doivent être alimentées. Ce qui est le cas si les PM_SLP sont présents.

On comprend bien que l’idée principale, c’est que si la première ligne d’alimentation n’est pas là, les suivantes ne s’allumeront pas non plus. La phase de diagnostic consiste donc à chercher la source d’une panne, la raison pour laquelle une ligne est absente.

Dans le cas de ce Macbook Pro Retina, PP5V_S0 était manquant, ainsi que PP3V3_S0. Après quelques mesures, nous avons réalisé que PP3V3_S0 était en court-circuit (résistance à la masse très proche de 0).
Il s’agit maintenant d’identifier la cause du court-circuit.

Identifier un court-circuit sur la carte mère d’un MacBook Pro:

Sur une carte mère de Macbook Pro, une fois qu’on à trouvé une ligne en court-circuit, il faut en trouver la source. C’est souvent un condensateur qui à mal vieilli ou grillé, et qui maintenant laisse passer le courant, mais cela peut-être autre chose. Cela peut même parfois venir d’un MOSFET qui est fermé, parce que la puce qui devrait lui dire de s’ouvrir ne fonctionne plus… Et là notre problème n’est pas le court-circuit en lui-même, mais le circuit de commande de ce MOSFET.

Dans tous les cas, le meilleur moyen est de brancher une alimentation de laboratoire (alimentation stabilisée) sur cette ligne, d’y injecter la tension de référence (3,3 Volts pour PP3V3, 5 Volts pour PP5V, etc…), et un peu de courant. Comme la ligne est en court-circuit, les composants sur cette ligne ne risquent pas grand-chose (à part notre fautif…) car le courant passera uniquement par ce court-circuit.

Dans le cas de notre carte 820-3476-A, nous injectons donc 3,3 Volts sur PP3V3_S0. On regarde alors quel composant semble chauffer. Deux techniques sont disponibles : le première consiste à utiliser une bombe de réfrigérant pour circuit électroniques et voir qu’elle partie de la carte dégivre. Quand c’est le cas, c’est assez flagrant et facile à voir. La seconde technique est d’utiliser tout simplement de l’alcool IPA (déjà largement utilisé pour nettoyer les cartes), et voir où est-ce qu’il s’évapore le plus vite.

Cela nous permet de trouver quel est le point chaud (où le givre fond, si l’on utilise une bouteille de réfrigérant sous pression, ou bien ou l’alcool s’évapore) qui est donc l’endroit (et le composant) qui « consomme » l’électricité (et le renvoi sous forme de chaleur: l’effet joule, bien sûr!).

Notre coupable fait moins de 2mm²

Le fautif ici est U8030. Quelques recherches dans les schémas électriques de la 820-3476-A, et sur internet nous permettent d’identifier ce « switch ». Il est justement responsable d’activer la ligne PP3V3_S0_FET (qui est directement reliée à PP3V3_S0) en la connectant à PP3V3_S5, dans le cas ou P3V3S0_EN (« EN » pour « enable », ou activer en anglais) est à tension haute.

Les dimensions du TPS22924: 1.41mm de long sur 1.35mm de large.

Ce TPS22924 (c’est le nom du composant) est un simple montage de deux transistors en « push-pull ». Ce composant permet de faire suivre le courant arrivant de PP3V3_S5, sur ordre de P3V3S0_EN.
Par contre, c’est un composant en boitier BGA, donc assez petit, 1.4 mm par 0.9mm, et bien plus difficile à souder qu’un QFN (ou qu’un composant traversant… S’il y en avait sur une carte mère de Macbook pro).

Souder un BGA sur une carte mère de MacBook Pro : La taille compte!

Un petit BGA n’est pas trop difficile à remplacer avec une station à air chaud correctement utilisée. Ici, notre TPS22924 (le U8030) n’a que deux rangées de trois billes d’étain (Ce qui fait six connections, si vous suivez bien). Cela veut surtout dire que même si les billes n’ont pas exactement la même taille le composant se soudera quand même. C’est donc la dessus que l’on va parier.

Plutôt que de faire un rebillage complet, avec un pochoir et de la pâte à braser, ou avec de nouvelles billes d’étain, on utilise une autre technique présentée et utilisée par certains experts en microsoudure. On appose de l’étain sous le composant, au fer à souder, on frotte le dos du composant sur une feuille de papier, comme pour poncer le surplus d’épaisseur des billes. On chauffe à l’air chaud pour que le pads d’étain se reforment. Grâce à cela, on obtient de petites bosses d’étain, de taille équivalentes. Ce sera suffisant pour remplacer un BGA avec seulement 2×3 connections.

Cette technique à été très efficace. Elle nous a permis de récupérer un U8030 d’une carte donneuse vers cette 820-3476-A qui était HS. Un carte donneuse, est une carte mère HS et irréparable (problème interne), servant de donneur d’organe.

Conclusion: Carte mère réparée !

Et au final, on retrouve le plaisir de voir un pomme s’afficher sur l’écran, et un gong au démarrage : opération réussie!

Il s’agissait donc bien de ce switch qui était en court-circuit et empêchait ce Macbook pro retina A1502 de s’allumer.

Si vous ne vous sentez pas les compétences pour cette réparation, ou si vous souhaitez la faire chez vous mais que vous avez des questions, n’hésitez pas à utiliser le formulaire pour nous contacter.

D’autres descriptifs de réparations sont ajoutés très régulièrement sur notre blog. Une petite recherche vous aidera peut-être à trouver votre solution!

 On va démarrer avec un petit coup de gueule : toutes ces boutiques qui vous vendent des désoxydations sans résultat garanti à 20 ou 30€, demandez leur la marque de leur bac ultrason : S’ils réfléchissent, ou ne savent pas, c’est mauvais signe. Si en plus ils n’ont pas enlevé les protection EMI (ces petits « caches » métalliques sur votre carte mère) autant dire qu’ils vous vendent du vent ! Ils vous vendent une désoxydation dans de l’eau distillée avec un bac ultrason LIDL à 30€, et là, ne rien faire reviendrait exactement au même résultat.

Il y a quelques règles que trop peu de professionnels respectent :

  • Une désoxydation, on ne la facture que si elle donne des résultats.
  • Elle se fait dans un bac ultrason pro : Elmasonic, Crest, EMAG…
  • On enlève tous les caches, toutes les protection EMI, tous les plastiques, sinon, ça ne sert à rien.
  • On rince à l’alcool IPA 95% minimum, et on sèche le tout d’abord à l’air, puis au four (ou à l’air chaud, et séchage long).

Voilà ! Tout ceux qui ne suivent pas ce mode opératoire vendent une prestation inutile. Passons maintenant aux quelques explications sur les ultrason, le nettoyage du même nom, et le bac ultrason à utiliser.

Bac à Ultrason bas de gamme. Ils sont inefficaces sur une carte mère de MacBook Pro ou de MaBook Air.
Nous n’utiliserons jamais ce type de bac.

Qu’est-ce qu’un bac ultrason :

Les ultrasons sont un principe de nettoyages (et de dégazage des liquides) utilisés depuis très longtemps dans l’industrie ou le commerce. Il est venu plus récemment dans les boutiques de réparation électronique, avec la miniaturisation et l’arrivée de composants montés en surface (SMD). Un bac ultrason est un bac rempli d’une solution de nettoyage (une solution aqueuse, dans la plupart des cas, avec ajout de savon divers et parfois d’alcool). Le bac produit des vibrations dans une certaine gamme de fréquence (là encore variable selon l’application).
Ces vibrations vont permettre de décoller tous les éléments mal accrochés entre-eux (en général, des choses qui n’ont rien à faire là, comme des saletés, ou autres oxydes). La variation de fréquence des ultrasons permet de déloger les saletés dans différents recoins, et de différentes tailles.

Dans quel cadre est-il utilisé (ailleurs) :

Les ultrasons sont utilisés par les professionnels, industriels ou les amateurs avertis pour nettoyer :

  • Pièces mécaniques : pièces de vélo, pièces de moteur, etc…
  • Pièces d’horlogerie, impossible à nettoyer à la main
  • Lunettes (oui, votre opticien nettoie vos branches de lunettes aux ultrasons)
  • Production et réparation électronique : pour désoxyder, retirer les traces de flux de soudure, de solvant ou d’autres nettoyant ou produits chimiques utilisés pendant la production
  • Chimie : pour dégazer un liquide (retirer les bulles)
  • Etc….

Dans quel cadre est-il utilisé (chez nous)

On utilise les ultrasons avec une solution spéciale de nettoyage électronique et PCB. Cela permet d’enlever les traces de flux de soudure restantes (après nettoyage à l’alcool IPA), d’enlever les traces d’oxydation suite à une exposition de la carte à des liquides. Il se peut également que des composants dont les soudures ont été oxydées se décollent. Cela permet de les identifier et de les changer de façon préventive.

La différence entre le bon bac ultrason, et le mauvais bac ultrason

La question du bon bac ultrason est extrêmement importante dans la communauté de réparateurs de carte mère de Macbook. C’est un sujet récurrent de question, de demandes et de tests divers.
Les marques n’étant pas toutes accessibles partout dans le monde, certains choix doivent être faits selon le continent ou vous habitez.

Les caractéristiques de base d’un bon bac ultrason sont d’abord sa fréquence. En électronique, il doit idéalement vibrer entre 35 kHz et 45 kHz.
Il lui faut également une taille minimum pour immerger la totalité de la carte : 3.0 L sont suffisant pour des Macbook Air ou Macbook Pro 13’, mais il faut un bac de 6.0 L (30x15x15cm environ) pour les Macbook pro 15’. Il lui faut absolument (oui, absolument !) une fonction « sweep », qui sert à faire varier la fréquence de vibrations autour de la référence. Cela sert à déloger les petites impuretés. Sans cela, un bac ultrason est très peu utile.

Il lui faut une puissance minimum (sinon, il ne sert à rien de plus que dégazer votre solution de nettoyage…). Et enfin, il faut qu’il puisse chauffer, et ça aussi c’est indispensable (même si on peut contourner le problème en faisant chauffer le liquide de nettoyage par ailleurs).En général, le petit bac ultrason type nettoyage de bijou, vendu 30€ en grande surface, ne chauffe pas, n’a pas de fonction sweep, n’est pas assez puissant et est trop petit.

Exemples de bacs à ultrason de laboratoire.
Liste des fabricants, de gauche à droite: Bandelin, Crest, SharperTek et Elma (celui qui équipe notre atelier).

 

Les bacs pour réparateurs de carte mère

Nous utilisons dans notre atelier un bac Elmasonic S30H fabriqué (en Allemagne) par la société Elma. Il est encore un peu petit et l’achat prochain d’un bac plus grand est prévu. C’est un bac utilisé plutôt en laboratoire (pas adapté pour une utilisation intensive en production, par exemple). Il vibre à 37 kHz, chauffe, à une fonction « sweep », et fait le bien le job qu’on lui demande. Notre prochain achat sera peut-être un bac SharperTek.
Il semble que cette marque fabrique également de bon modèle, plus grand et moins cher que les Elma.

Mais bien d’autres marques existent:

Un consensus se dégage sur la marque Crest. Ce sont des bac ultrasons fabriquées aux USA, et semblent être les meilleures pour le nettoyage électronique. Cela vient de la fréquence utilisée (40 kHz) et de leur capacité à chauffer le liquide de nettoyage. A cela s’ajoute la capacité à effectuer un balayage de fréquence (la fonction appelée « Sweep ») autour de la fréquence principale. Ils sont très utilisés par les réparateurs basés aux USA. Mais ils sont malheureusement difficile à trouver en Europe. Elma (celui que nous possédons), Emag, SharperTek sont également des noms qui reviennent dans la communauté de réparateurs.
Vous remarquerez que ce sont tous des fabricants qui fournissent également l’industrie (avec d’autres modèles) et que leurs bac sont réputés.

Modèle: MacBook Air 13′ Début-2015
Numéro de modèle: A1466
Numéro de carte mère: 820-00165
Symptômes: Ne s’allume plus. Aucun choc.
Solution: Remplacer C7430 et F7140

Il arrive parfois qu’un Mac décide de ne plus s’allumer du jour au lendemain. Apple et ses « Genius » vous diront que c’est une problème de carte mère (ou carte logique, dans leur jargon). Le problème peut parfois être plus simple à régler, une réparation rapide de cette carte étant possible. C’était le cas pour ce Macbook Air 2015. Une machine très bien entretenue, aucune rayure, aspect nickel. Et c’est donc la réparation la plus rapide que nous ayons eu a faire.

Un Macbook Air n’a pas besoin d’être maltraité pour tomber en panne

Ce Macbook Air était soit peu utilisé, soit utilisé par un maniaque. Et pourtant, ça ne met pas à l’abri d’un problème. Il est arrivé dans notre laboratoire très propre, sans aucune rayure, et même l’intérieur de la machine laisser penser qu’elle était peu utilisée, ou peu intensément.

Par chance pour nous, aucun réparateur n’y avait tenté quoi que ce soit, et donc potentiellement effacé les indices de la source du problème. De façon simple, cet ordi à été ramené à la vie par nos soins. Il a suffit de l’ouvrir, et de regarder avec attention la carte mère. C’est la première étape d’un diagnostic, observer avec attention pour trouver des traces ou indices, tel un enquêteur. Cela à payé, nous avons tout de suite pu voir un trace inhabituelle autour d’un des gros condensateurs sur la ligne d’alimentation du processeur.
Ce condensateur se trouve sur PPBUS_S5_HS_COMPUTING_ISNS, qui sert à alimenter le CPU et ses régulateurs de tension, et qui est largement filtrée et stabilisée par ces condensateurs Tantale-Polymère.

L’observation, 1ère étape du diagnostic de cette carte mère de MacBook Air

Sur la carte mère, juste à coté de ce condensateur, qui parait en parfait état, on voit un légère trace, comme si un éclair, ou un éclatement avait eu lieu. Une marque discrète, mais essentielle pour le diagnostic. Avec un multimètre, on valide que ce condensateur est en court-circuit… Dessoudage à l’air chaud, remplacement par un condo équivalent venant d’une carte similaire (un « donneur d’organes »).

Le condensateur fautif, apparement intact à la surface, mais dont l’éclatement à laissé des traces qui ne trompent pas au niveau du PCB. Ce condensateur mettait l’alimentation du CPU de ce MacBook Air en court-circuit.

Condensateur et Fusible: Un problème peu en cache un autre

On pensait que le boulot était terminé, mais le Mac ne s’allumait toujours pas. On reprends alors par les bases :
Est-ce que le courant arrive du chargeur : Oui car PPDCIN_G3H est bien présent (8.65V)
Est-ce qu’il arrive à la batterie : Oui, car PPVBAT_G3H_CONN est présent également, une fois la batterie branchée, mais la tension est trop faible lorsqu’on allume le Mac sans batterie.
Est-ce qu’il alimente les lignes de tension du Mac : Non, car la tension trop faible se poursuit sur les lignes d’alimentation suivantes.

Après quelques vérification de tension, On réalise que les 8.65V pris juste avant le fusible F7140, se transforme en 3V après… Ce fusible à une resistance de plusieurs Ohms, ce qui n’est clairement pas normal. Il a du commencer à jouer son rôle au moment ou le C7430 s’est mis en court-circuit, mais n’a pas eu le temps de terminer so « oeuvre ». On ressort la carte donneuse pour récupérer un fusible avec les même caractéristiques et le transférer sur la nouvelle.

Les deux coupables cote-à-cote: Condensateur C7430 à gauche et Fusible F7140 à droite.

Problème réglé, une pomme s’affiche à l’écran, notre Macbook Air s’allume. Ce n’était que ça, et ce n’était pas une réparation très compliquée, ni très longue: Un condensateur bien visible, assez gros et simple à remplacer, et le fusible qui l’accompagne. Comme quoi, certaines réparations peuvent être assez simple à réaliser, et il aurait été dommage de jeter cette carte mère alors qu’elle remarche en trois coup de multimètre et deux coups de fer à souder.

Modèle: MacBook Pro Retina
Numéro de modèle:
Numéro de carte mère:
Symptômes: Pas de rétroéclairage. Dommages liquides et oxydation de composants et connecteurs
Solution: Remplacer le connecteur de l’écran, coté écran.

Ce Macbook Pro est arrivé avec un problème de rétroéclairage. C’est assez courant, surtout suite à un « dommage liquide » comme c’est le cas ici : une tasse de café, de thé, de coca (moins bien à cause du sucre), de bière… C’est un accident qui arrive à tous (et on ne dit pas ça parce que ça nous est arrivé aussi…)
Mais dans ce cas là, on ne pensait résoudre notre problème de cette façon…

Rétroéclairage de MacBook Pro: Petite introduction et longues explications…

Comment identifier un rétroéclairage défaillant avec une lampe

Identifier un problème de rétroéclairage sur un Mac jusqu’en 2015 est assez simple. Le logo pomme sur le dos de l’écran, est illuminé quand votre Macbook Pro s’allume. S’il s’illumine, c’est pour une raison simple: il est transparent, et le feuillet de rétroéclairage (qui éclaire l’avant de l’écran) se trouve derrière.

Explications : votre écran se composé d’un couche partiellement transparente qui affiche le contenu (texte, images) et d’un couche derrière elle qui l’éclaire. C’est cette dernière qui illumine aussi la pomme du Macbook, sur le dos de l’écran.
Donc, si votre mac s’allume mais que le rétroéclairage ne fonctionne pas, vous aurez l’impression qu’il ne marche pas. Mais vous pouvez passer une petite lampe derrière l’écran, au niveau du logo pomme. Vous allez alors voir une partie de cette lumière au travers de l’écran. Si vous voyez également du contenu (la pomme au boot, ou bien le bureau tel que vous l’avez laissé avant l’accident), c’est que seul le rétroéclairage ne fonctionne pas.

Creuser le problème : Pas de rétroéclairage, plusieurs sources possibles

Sur un Macbook Pro Retina, le circuit de rétroeclairage est constitué de la façon suivante :

  • Un circuit dit « Boost » (le lien wikipedia vers le convertisseur boost pour ceux qui veulent creuser), élève la tension d’alimentation. Elle doit être assez haute pour allumer tout une bande de LED située en bas de l’écran (25V sur un MacBook Air, par exemple). Ce circuit est composé de :
    • Un contrôleur LED (LED driver en anglais) qui s’occupe de piloter ce circuit boost
    • Condensateurs, inductances et résistances autour de ce contrôleur, nécessaires au circuit pour fonctionner
    • Résistances de mesure de courant. Elles sont essentielles et peuvent faire remonter une mauvaise informations si elles sont défaillantes
    • Un fusible, qui bizarrement, est très résistant. (C’est l’exact opposé de ce qu’on lui demande en cas de problème, en fait…)
  • Le tout va vers le connecteur de l’écran (et donc, certaines pistes peuvent être défaillantes)
  • Il y a également un connecteur sur l’écran (et donc le cable de liaison écran-carte mère peut être défaillant, et changé si besoin)

On se doit de vérifier tous ces éléments avec intelligence. Si on n’a pas la tension désirée en sortie de boost, cela ne veut pas forcément dire que le contrôleur est fautif, cela veut peut-être dire qu’on ne dit pas au contrôleur d’allumer le rétroéclairage, ou qu’il ne « voit » pas l’écran, ou que le Driver LED est fautif, etc…
Dans notre cas, tout semblait fonctionner très bien, et cela à été confirmé en branchant un autre écran, qui lui fonctionnait.

Notre problème ne se trouvait donc pas sur la carte mère, mais dans l’écran.

On vous le dit tout de suite, changer le LED ou le feuillet de rétroéclairage sur des écrans collés est long, fastidieux et risqué.
Mais dans notre cas, en ouvrant la charnière de l’écran, nous découvrons un belle oxydation bien cachée. Le liquide est arrivé jusque dans la charnière, et en faisant court-circuit, à grillé le connecteur, coté écran. C’est ici, qu’on se demande comment le fusible résiste, alors que le connecteur de l’écran à littéralement brûlé.
Après un peu de nettoyage à l’alcool, notre rétroéclairage fonctionne de nouveau. L’idéal ici, est de changer complètement le connecteur, coté écran et coté carte, si nécessaire, et éventuellement tirer un fil si les pads du connecteur sont trop oxydés.

Le driver, le connecteur, le fusible, une résistance ou un condensateur: de nombreuses sources possibles d’un même problème.

C’est ainsi que notre MacBook Pro à retrouvé un rétroéclairage fonctionnel. Ce cas est assez rare, et ce sont plutôt des problèmes au niveau du connecteur: il est proche du coin de l’ordinateur et subit facilement des dégâts liquides. Sur le circuit de rétroéclairage: les tensions sont élevées et les composants soumis à rude épreuve.